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Publié par FMarmotte5

Contre l'ordre nouveau je laisserai venir les marées des chaos anciens de soupes primordiales.

Éclatez arcs en ciel de foutres générateurs et généreux pour des biodiversités créatrices contre la statique stérile de nuques raides, casquées, cagoulées de mensonge.

Aux blondes tignasses de pouffiasses nauséabondes je préfère les noires chevelures des racines emmêlées en quête de l'humus des sous-bois, les putrides fermentations de composts en décomposition lentes, régénérations, distillations, métamorphoses des sucs pour sèves nourricières, ailes légères, couleurs resplendissantes de leurs variétés et de la multitude de leurs origines.

 

Face à l'axiome je déclamerai les théorèmes d'incomplétude, le battement des ailes du papillon et les incertitudes quantiques qui m’empêchent de caresser le chat de Schrödinger sans le tuer, enfermé dans la prison de la raison.

 

Herbes folles contre la monoculture, la mono-pensée des dictatures de la peur, de l'argent, des spéculations sur le vivant et la nourriture.

Pluies de comètes, laves fécondatrices, vagues déferlantes de mers lointaines pour saper la base des remparts de citadelles closes dressées contre l'autre, aux croisées des routes et qui ferment l'horizon, inutiles devant l'avenir, ignorantes des livres libres et des paroles que les prophètes morts de nos jours ne prononcent plus, leur langue est collée au palais.

 

Après Babel, le babillage musical au pied de l'orgueil, les errances solitaires dans le désert, les files indiennes en forêt, campements solidaires de partages nourriciers, des dons sans retour comme le vent envole la graine par dessus les cols et les glaciers, comme l'oiseau porte la semence d'un poisson, amphibien, grenouille ou triton que sais-je dans un lac mort sur un autre continent ?

Contre les murs muets, les bâillons de morale, la douce logorrhée de la poésie ou le silence des nuits d'insomnies, le galop des pensées, la fuite des logiques conservatrices sans avoir ni peur , ni faim, ni soif.

 

Confiance retrouvée de lendemain de fête et bombances d'abondance, banquets de noces anciennes sur des nappes et des tréteaux de comédiens dans le choc des coupes pleines, la rude amitié des retrouvailles, accolades viriles et baisers d'amitié.

 

Au matin sous le souffle léger du vent laisse moi venir cueillir pour toi une fleur des champs pour ta chevelure en bataille, arroser le doux terreaux de tes lèvres encore closes.

Voir cette rose d'espoir naître en ton ventre.

Éclose pour des bonheurs futurs, des joies, des chants, des clameurs de foules en liesse, des têtes à têtes intimes, un regard timide, une rougeur sur tes joues, un tremblement dans ma voix, le frisson dans la pulpe de nos doigts qui se touchent.

La main ne sait plus si elle dit bonjour ou adieu.

 

PF le 30 mai 2014

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Quichottine 11/06/2014 00:20

Elle dit bonjour... car c'est une belle journée que celle qui commence par un tel moment de lecture.
Merci, Pierre.

Navrée de ne pas l'avoir lu plus tôt.
Je ne m'étais pas rendu compte que OB avait de nouveau des soucis avec ses news.

Passe ne douce journée.

claudia 30/05/2014 18:37

Superbe texte ! Bravo Pierre :-)