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Publié par FMarmotte5

Je profite de l’occasion de la sortie du dernier manuscrit inédit de Stefan Zweig : « Le voyage dans le passé» pour évoquer Sanary sur Mer. La petite promenade pour  aller à Port-Issol me semblait longue par la Montée de l’Oratoire. Vers Notre-Dame de Pitié et ses nombreux ex-voto, nous faisions une pose pour nos petites jambes de 7 ans en regardant au large le phare du Rouveau près de la « maison du peintre ».

Nous passions devant le « Moulin Gris » grande tour austère, la villa la « Côte Rouge », la « Villa Tranquille ». Plus tard, sans savoir à l’époque que ces lieux avaient abrités à partir de 1933 de nombreux auteurs, peintres et artistes fuyant le barbarie nazie, je les ai lus adolescent et je les relis encore.

Une plaque commémorative était autrefois vers le jeux de pétanque du port, elle se trouve maintenant vers le syndicat d’iniiative.

Stefan Zweig, dans les nouvelles du « Mariage à Lyon » traite avec actualité de la détention arbitraire, de l’exil, de la liberté d’expression et des réfugiés. Lu, relu, prêté, perdu, racheté, donné. « Le joueur d’échecs », « Amok »,  « L’amour d’Erika Ewald », et bien sur « 24 heures de la vie d’une femme », « Le monde d’hier ». Zweig venait chez ses collègues  Ludwig Marcuse au « Mas du Port-Villa la Côte » et René Schickele à la villa « Ben Qui ha doo ».

Thomas Mann Katia et Heinrich Mann étaient à la villa Tranquille. « La montagne magique » et son univers de sanatorium à Davos, presque un univers clos et carcéral a été je pense pour beaucoup dans le choix de mon métier d’infirmier. La saga des Buddenbrook  et le très différent « Mort à Venise », je les ai lus plus tard.

Le Moulin Gris avec sa vue surplombante sur la mer, le port et le chantier naval ont inspirés de nombreux paysages à Alma Mahler.

Mais aussi Arthur Koestler, Aldous Huxley où il a écrit « Le meilleur des mondes », sont venus à Sanary.

Tous les étés, nous allions passer un mois de vacances dans ce port tranquille où quelques « pointus » de pêcheurs dansaient au bout de leurs amarres. Plus tard les deux mois de séjour étaient aussi deux mois de travail  dans magasins et supermarchés pour me faire mon argent de poche. Un ami de mon père, Monsieur Maison de Roche dans l’Isère avait monté au départ une petite épicerie, puis, sous l’impulsion du tourisme des "30 glorieuses " et du dynamisme de ses fils ,c’est devenu une chaîne de supermarché.C’est là que je triai les bouteilles dans une arrière cours proche des effluves exotiques du restaurant chinois voisin. On est loin de la littérature, mais ce sont de belles années pour moi de 1964 à 1971, les premiers flirts, les soirées sur la plage autour d’un feu de camp, les traversées de la baie à la nage vers les « Roches Rouge » que nous appelions la pointe des Allemands. Bruni, Ina, Josef, Mathieu, Günter, Suzy, étaient les enfants spirituels des défenseurs de la liberté et des victimes du nazisme. Ils habitaient  Munich, Düsseldorf, Stuttgart, et on écoutait le Pink Floyd, les Doors, Frank Zappa, Janis Joplin.

On lisait le théâtre de Brecht  et on se refilait le « Siddhartha » de Hermann Hesse. Nous avions 16 ans en  68 et nous pensions que le monde allait changer.

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J


  Bonsoir Pierre,


Merci pour ta réponse et des précisions que tu m'as apporté, je repars après une agréable lecture très instructive, je t'embrasse bonne soirée !



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L
Bonsoir,

Toutes mes félicitations pour votre site Internet et à un très bientôt pour lire de vos prochains billets.

Bien à vous,

Laurent
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M
Je suis justement en train de lire la biographie de Maria Stuart écrite par Stefan Zweig. Le monde est petit. Merci de nous le faire redécouvrir, un auteur ô combien éloquent en Allemand. A bientôt. MA
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