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Publié par FMarmotte5

Dans les refuges, il est de tradition le soir en fin de repas que le gardien annonce la météo du lendemain.

« Demain beau temps le matin, en fin d'après-midi risque d'orages importants. »

Message laconique qui veut dire : « Prenez vos précautions, soyez prudents. »

 

Nous sommes debout assez tôt le lundi 22 août 2011 au Refuge des Fonts de Cervières pour une randonnée courte, nous allons rentrer de bonne heure.

 

Lac des Sarailles

 

 

Le paysage était beau , je me prélassais au bord du Lac des Sarailles 2236 mètres. Vers l'est, orientée est-ouest, la vallée des Fonts est au soleil, les nombreux petits hameaux s’égrènent entre 1900 et 2045 mètres d'altitude sur 7 kilomètres.

 

Refuge des Fonts de Cervières

 

                              Refuge des Fonts de Cervières.

 

Fonts, non parce que c'est au fond, de nombreuses fontaines alimentent les maisons, sur les versants sud où sont les terrasses de pâturages, de nombreux ruisseaux sont intelligemment canalisés selon la tradition afin d'irriguer les champs.

 

Mur des Aïttes

 

 

Depuis le Mur des Aïttes (une espèce de « muraille de Chine » construite dans les années 1870 pendant la guerre avec la Prusse, qui n'a pas du servir beaucoup) Les hameaux de La Chau, Rif Tort, Les Hugues, Le Bourget, Maisons Vieilles, Les Chalps, Le Bourgea, et les Fonts ont chacun une petite chapelle, dans laquelle à tour de rôle l'été, la messe y est célébrée. Les terrasses sont fauchées, en cette fin d'août 2011 on y ramasse le regain.

 

Je voyais bien que le ciel se chargeait.

Mon épouse qui aime aussi lézarder calée contre un rocher au soleil était pour une fois impatiente.

15 h30 le sac déjà sur le dos :

« Allez on y va ? »

« Regarde le ciel, on a encore un heure de marche pour descendre. »

Le torrent de la Cerveyrette paraît tranquille, à 16h30 nous sommes enfin à l'abri.

 

le Lasseron

 

 

Soudain, la face nord du Lasseron se fait noire, la grêle commence à tomber drue et cinglante. Depuis le refuge, à la première éclaircie, les alpages dans lesquels nous avions fait notre randonnée paraissent blancs.

« Ce sont des pierriers » Dis-je .

« Mais non , c'est la grêle, il a du en tomber un sacré paquet.» Répond un client du refuge.

Après un examen plus minutieux, il s'avère que tout le Chenaillet depuis le Grand Charvia jusqu'à la Chau est couvert de grêle.

 

Cervières a subi par le passé de graves inondations , le village a même été reconstruit dans les années 50 sur la rive droite du torrent, les gens du pays sont en souci, le téléphone sonne dans le fond de la salle.

 

Le gardien vient sur la terrasse pour annoncer à ceux qui sont montés pour la messe, qu'elle sera soit annulée soit retardée, un glissement de terrain bloque la route, le curé est coincé au village.

Les conversations vont bon train, on lie connaissance, les anciens racontent leurs péripéties, leur vie difficile d'antan, le labeur, les guerres, la neige, avant le tourisme, le téléphone, avant internet.

 

Pompiers Fonts

 

 

Sur le coup des sept heures du soir arrivent deux véhicules de pompiers gyrophares allumés pour annoncer que la route a été rouverte, la messe aura bien lieu avec du retard.

Ceux qui devaient redescendre retrouvent le sourire, d'autres se faisaient une joie d'être bloqués quelques jours dans cet endroit aussi beau, on parle, le gardien confie aux pompiers que ce n'est pas la première fois.

La nuit, le ciel retrouve ses étoiles et sa limpidité.

 

Coulée du Lasseron

 

C'est mardi matin sur le retour que nous verrons le glissement de terrain du Lasseron qui a emporté des jardins. Les pommes de terre pour certains n'auront pas besoin d'être ramassées elles sont enfouies sous une coulée de 100 mètres de long, 30 mètres de large et 5 mètres de haut dira le Dauphiné Libéré du 23 août 2011.

 

Extraits du journal :

« Il y a eu un bruit sourd, puis une odeur de soufre. »

« De mémoire d'hommes, c'est la première fois qu'on voit une coulée d'une telle ampleur. »

« Une voiture a été prise dans une coulée avec quatre italiens à son bord. Aucun blessé n'est à déploré. »

« La lave torrentielle est difficile à évacuer, surtout quand elle devient sèche comme du béton. »

 

Du travail m'attend en revenant à la maison, les patates attendent d'être rentrées, les oignons à faire sécher, ramasser les framboises remontantes, désherber les poireaux, éclaircir les carottes d'hiver. Sur le plateau je me félicite de la clémence des éléments.

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Quichottine 05/09/2011 19:28



La coulée prise depuis la route du retour est impressionnante.
Heureusement que tu étais rentré à temps.



Tricôtine 05/09/2011 15:16



La grèle... brr un fléau pour les agriculteurs qu'ils fassent pousser des patates ou autres végétaux ... nous sommes à la merci de la météo, ici les vignes ont soufert depuis le mois de mai,
jusqu'à la semaine dernière encore et encore des ravages avec les orages ! il faut avoir la foi pour continuer c'est la roulette russe chaque année !!! merci Pierre pour ce billet qui m'éloigne
des terres sableuses pour visiter les "rocheuses "



FMarmotte5 07/09/2011 12:09



Hélas on ne peut guère se protèger de la grêle, des canons qui la font tomber ailleurs j'ai vu ça sur les coteaux de Lavaud en Suisse.



Joëlle 03/09/2011 20:13



Et bé !... il s'en passe des choses dans tes montagnes Pierre alors si en plus les éléments s'en mêlent mais oufff ta journée s'est bien terminée, merci pour la ballade en belles images



patxi 03/09/2011 00:08



Bonsoir Pierre.


Une journée "mouvementée" qui finit pas trop mal. Je pense au paysan qui retrouve ses pommes de terre sous 5 mètres de "bétons". Merci pour cette jolie balade dans ce beau pays.


Chez nous, pour l'instant, les orages nous font sortir les cèpes...faites chauffer les poeles!


A bientôt Pierre



FMarmotte5 03/09/2011 10:17



Hélas pour les patates. Etant allé en rando vers Néouvielle, je me souviens de bons orages dans les Pyrenées.


Ici aussi les cèpes poussent.


Cordialement.



ADAMANTE 02/09/2011 22:42



C'est un beau reportage sur les éléments qui se déchaînent.  Quels beaux paysages.



FMarmotte5 03/09/2011 10:14



Souvent très localisé, il faut savoir se faire humble, quand il fait beau, on croit que la Terre nous appartient, il n'en est rien, nous sommes que des invités sur cette planète.


La météo cette année est chaude et humide, le jardin est une vraie bénédiction pour fruits et légumes, chaque jour je remercie la Nature pour sa générosité.


Cordialement.



annielamarmotte 02/09/2011 08:52



impressionnant.... merci Pierre pour ce beau reportage



FMarmotte5 03/09/2011 10:15



D'habitude c'est un peu calme question "animation" dans les refuges, cette fois pas besoin d'aller en ville, c'était comme on dit pour un buzz : "là où il fallait être" ;-)



Robin 02/09/2011 07:54


Tu y es allé ?


FMarmotte5 02/09/2011 08:48



Nous n'avons pas été gènés, on devait de toute façon rester au refuge. la photo du bas est prise de la route sur le retour. Rien de grave mais je trouve que cette année : éboulements et coulées
me suivent ?