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Publié par FMarmotte5

Ceux qui ne volent pas, oiseaux qui grattent et migrateurs qui ne le font qu’à moitié, déboussolés sans repère, ceux qui se dandinent et ceux qui sautillent. Les oiseaux de mer, oiseaux des pôles arctique et antarctique qui ne restent pas de glace, ceux qui rampent et glissent. Ceux qui vivent en cage, ceux de Barbarie et de batterie, celles qui sont gavées, oiseaux qui caquettent, oiseaux en voie d’extinction et de perdition. Ceux à qui on a cloué le bec, en voie d’extinction de voix, qui murmurent et chuchotent et que l’on n’écoute pas. Nandous, autruches, pingouins et manchots de déserts froids et sables torrides.

 

Manchots

 

Ceux qui sont sans bras et sans jambes, sans ailes, les vilains petits canards et les canards  boiteux. Dindes, cagous, titi, pioupious et pintades en tous genres.

Ode aux grands géocoucous qui ne font plus que bip-bip sur des écrans infantiles, un coyote débile à leurs trousses. Emeus émus et oiseaux en prison, ceux qui y sont nés et ceux qui rêvent d’en sortir, poules d’eau et poules mouillées. Tous les oiseaux qui ne sont pas du ciel, oiseaux du fiel et sorcières sans balais, oiseaux de malheur, chouettes ou hiboux cloués aux portes des granges, corbeaux et freux aux ailes coupées, aigles et buses de volière sans aire ni repaire. Rapaces sans carapace au cœur tendre, chapons émasculés, oies sans foi ni loi loin du Capitole aux foies hypertrophiés et cirrhotiques.  

 

Perroquets enchaînés au poteau du salon, aras qui rient, aras qui pleurent, inséparables solitaires au deuil mortel sans elle.

Moineau de Paris qui n’a connu que la rue, pigeon de square  un fil à la patte, pigeon voyageur sans foyer, sans domicile fixe, bannis et porteur de H1N1. Albatros naufragé sur un pont de bateau à voile. Mouettes, goélands mazoutés sur une plage de Bretagne, dans une mangrove de Louisiane. Casoar casanier de parc animalier qui tourne en rond. Héron aux pattes gelées dans un marais cerné  par des chasseurs bredouilles et frustrés, macareux dans un filet de chalut. Cigognes éléctocutées sur une ligne HVDC proche de 1000Kv. Marmettes et guillemots aux confins d’une banquise devenue fantôme. Kiwis dont le nom oublié n’est plus qu’un fruit vert partagé dans une assiette de fête défaite.

 

Toi aussi, dodo éteint dans une vitrine d'un muséum d’histoire naturelle aux couleurs délavées pas les ans aux cotés d’un ptérodactyle squelettique, muet, sans panache, ni plumage, ni ramage.

Phénix oubliés dénués de pouvoirs et de gloire.

Avion sans aile…

 

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Snow 11/01/2011 05:00



Ouais.. moi qui aime les photographier de toutes les manières possibles, je suis plus optimiste que toi. Je lisais ce texte et je voyais plutôt sur tes deux premiers paragraphes une superposition
avec l'humain pas si humain que cela encore, alors que l'oiseau, il vit ce qu'il est, oiseau, avec  souvent des ailes, et des pattes pour s'élancer, point.  Ne sois pas triste, ils sont
tellement plus heureux que nous. Ils viennent manger chez moi tous les matins en souriant... le bonheur ils apportent. Merci Pierre



FMarmotte5 12/01/2011 11:10



Bonjour Snow , dabord je suis flaté que tu viennes lire ces quelques pages, cet article sur les "oiseaux sans ailes" vient en réponse  à un commentaire sur "les oiseaux du ciel " où un
scientifique m'a dit qu'il existait des oiseaux qui ne volaient pas ? Comment les avais je oubliés ceux là ? C'est vrai que cet article fait de l'antropomorphisme, et quand jeparle de
l'homme il est vrai que je suis souvent pessimiste! C'est peut être aussi le manque de soleil et de lumière la fameuse DSP?


Quand je les vois (les oiseaux) et que je les entends je retrouve ma joie de vivre .


Merci de ton passage passe une bonne soirée ou une bonne journée décalage horaire oblige.



Quichottine 29/12/2010 18:44



Tu as raison... c'était aussi important de penser à eux et j'aime la métaphore que tu as utilisée.


 


Les oubliés sont là, silencieux... mais pourtant, leur présence est si forte !


 


Le phénix renaît toujours de ses cendres, mais, si un jour ce n'était pas le cas ?


 


T'embrasse fort, Pierre. Merci pour ces mots-là.



FMarmotte5 30/12/2010 16:24



Bonsoir Quichottine, parfois j'hésite à publier certains textes, alors je teste sur mes visiteurs, Mes filles sont de très bonnes auditrices, nous partageons parfois des émotions semblables.


Oui le Phénix renaît de ses cendres comme le soleil se lève chaque matin je n'ai pas de doute sur celà.Au moins une chose dont je ne doute pas


merci de ton passage.



Marine D 28/12/2010 08:41



Je l'espère profondément moi aussi, c'est vrai que pour les fêtes on joue le jeu, parfois j'ai envie moi aussi de casser ce bel enthousiasme et baisser l'abat-jour,  j'apprécie ce que tu dis
sur la poésie un peu plus haut...


J'ai un texte qui n'attends que de dire autre chose , même si on édulcore pour se préserver en même temps 



Ava 27/12/2010 21:55



C'est bien écrit avec force d'espèces !


Justement, je me dis quand le moral baisse, et si j'étais née sans pieds ni bras (j'avais écrit "ailes"...), ce serait
pire... alors le reste il faut le conjurer !


bises



FMarmotte5 28/12/2010 04:43



Je fait pareil je regarde au tour de moi et je trouve toujours plus pauvre, plus malheureux ou moins aidé par la nature.


Pour les espèces celles ci sont plutôt "trébuchantes" et il doit bien en manquer. Bises et bonne continuation



Zazou 27/12/2010 20:37



Alors petit oiseau Pierre tu as la plume bien nostalgique pour ce texte...


Bonne soirée, bises






FMarmotte5 28/12/2010 04:32



Merci Zazou pour ce bel oiseau bleu qui volète lui.


 Je suis tombé du nid et j'ai du plomb dans l'aile! ( c'est de l'histoire ancienne mais j'y ai laissé des plumes!) mais c'est sans nostalgie, on m' a souvent dit  :" Tu écris sans te
mouiller sur la petite flore et la petite faune!" comme si j'ignorais que certains oisaux ne volent pas, ou que je crois que les canaris méritent de sortir faire un tour par - 15°C. Pas si naïf
que ça, cette page est plus un exercice de style qu'une profession de foi, des esprits normatifs se croient dignes de leçons et confondent science et poésie.Faudrait il aussi se formater sur
les pages de blog et entrer dans le rang du lisse et sans vague?


Co-libris celui qui vit avec les livres, ton petit présent aux ailes remuantes me convient tout à fait , le faste des magasins pendant les fêtes me révolte toutes les années un peu et je
pense à ceux qui n'ont rien.


merci pour tes mots, bises.



jill-bill.over-blog.com 27/12/2010 17:47



Bonjour Pierre, c'est pas bien jojo tout ça... tu le dis justement.    Merci pour ta visite, bonne dernière semaine 2010 sans souci...  Amicalement de jill



FMarmotte5 28/12/2010 04:38



Parfois le clown sous son nez rouge n'est plus très Auguste!


merci de ta visite.Cordialement



Marine D 27/12/2010 16:19



C'est tellement beau que j'en ai le coeur tout gonflé, Pierre, moi qui aime tant les oiseaux, qui suis nulle pour les photographier, faut dire j'ai pas le mathos !


Ton texte est très beau, très vrai et quelquefois nous aussi nous sommes des avions sans ailes... Merci Pierre et merci Charlélie


 



FMarmotte5 28/12/2010 04:37



Il est clair qu'une chanson a un pouvoir émotionnel plus fort que mots et image. J'ai pas de matos macro non plus alors je dessine, mon capital "carbone " s'alourdirai si j'allais photographier
des manchots en antarctique d'autres l'ont fait avant moi.


Désolé de "plomber" l'ambiance festive avec un texte plutôt pessimiste.


Bonne journée j'espère que 2011 verra la venue de solutions concrètes pour la planète



ADAMANTE 27/12/2010 16:04



Un texte très fort, je m'incline...  et c'est un réel plaisir que de réécouter la chanson de Charlélie Couture, combien sommes-nous à avoir la carlingue froissée ? Nombreux sans doute.
Amitiés



FMarmotte5 28/12/2010 04:39



 tant que c'est que la carlingue, le moteur tourne.


Cordialement