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Publié par FMarmotte5

Nostalgie et dérision, allez une petite séquence pour la route !

1963 : c’est la date au dos de la photo noir et blanc. Le petit à gauche c’est moi.

Né en 1952 je suis conscrit avec la mise en service de la belle benne rouge de Chamrousse.


Pâques 1963 Chamrousse
Départ du Recoin 1650 où on prenait des cours de ski avec Monsieur Amiguet. Double actif avant l’heure comme on dit maintenant, il était agriculteur et chasseur de chamois.
Quand après de bonnes performances il nous récompensait en montant à la Croix 2250 par le téléphérique, nous avions droit en haut, en plein blizzard à ses hauts faits de chasse dans les contreforts de Belledonne vers La Pra , La Grande Lauzière, Le Grand Colomb. Nos regards d’enfants vers ces pentes raides et vierges en faisaient un être à part, un montagnard, un vrai, ce qu’il était avec ses mains de paysan et sa voix rocailleuse de Dauphinois.

Le premier conseil qu’il nous donnait, c’était de bien fermer les poches de nos anoraks. Le vent est fort quand il souffle là-haut, ensuite nous avions la consigne de rester à vue. Le givre piquait les joues. Le brouillard épais et les « jours blancs » fréquents début janvier rendaient vite une :

 « Descente de la Croix en croix de la descente ».

Années 60 pas de barrières bois de sécurité au dessus des à pics des lacs, pas de drapeau à damier indiquant le niveau de risque d’avalanches, par contre les conseils vertueux des anciens qui en avaient fait des pires que nous.

Les panneaux ronds avec les codes couleur pour la difficulté des pistes s’espaçaient sur de grandes distances, à la recherche d’un peu d’adrénaline c’est les pistes noires que nous choisissions même si des glissades mémorables dans la « Descente olympique homme » sur Casserousse nous flanquaient la frousse, on ne s’en vantait pas

Le pire était de descendre sur Casserousse par la Combe et de trouver le téléski fermé en bas dans le grand virage. Nous étions quittes pour remonter les skis sur l’épaule ou bien de faire un brin de stop.

Les années 70 m’ont revu à Chamrousse, des amis de mon père nous prêtaient un petit studio. Occupé par leurs affaires, nous restions seuls avec mon frère trop sage et les soirées trop longues.

Le « Zéro de conduite » était l’endroit où il fallait être, fréquenté par les perchmans et les pisteurs, un bonne ambiance de « cour des grands » régnait et surtout  la  musique  que l’on disait « pop » me changeait de Georges Guetary,  Luis Mariano, Piaf des parents. Mais aussi des Johnny, Adamo, Sheila, Sylvie Vartan du frangin qu’il écoutait sur son Teppaz que je n’avais pas le droit de toucher : j’aurais pu rayer un disque.

Jerk débridé et slow langoureux, je ne savais pas draguer autrement. Les Kinks chantaient Lola, et quand le  D.J. allait se coucher, il nous arrivait de massacrer « El Condor Pasa » sur une flûte à bec très scolaire, ou bien de hurler la « Complainte de Mandrin » .

 La piste rouge sous les câbles du télé fut une découverte pour moi, mal orientées par une signalisation avare, les filles se laissaient souvent surprendre dans le mur de départ. L’occasion unique pour un secouriste en herbe, pourtant peu frimeur. C’est dans ce fameux mur, un jour de poudreuse bien profonde que j’ai cassé les spatules de mes deux skis par une reprise de carres trop énergique.


Chamrousse 1968
Que dire d’autre ? Un objectif : « amortir son forfait » qui n’a pas utiliser cette expression ? Les petits champions en herbe résidents de la station avaient toujours des combines pour ne pas payer le tire fesse, ils avaient vu Killy et les sœurs Goitschel en 1968 pour les J.O. d’hiver de Grenoble, déjà casqués comme « Schuss », la mascotte de cette olympiade. La position de l’œuf n’avait pas de secrets pour eux. J’étais quand même fier du « Christiania » que Monsieur Amiguet avait eu toutes les peines du monde à me faire acquérir sans fautes de carres ? Les skis n’étaient pas paraboliques et leurs 2 mètres de long obligeaient à la fameuse série répétée mille fois :

«   Flexion planter de bâton extension  rotation. »

J’arrivais à ne mettre que 7 minutes pour descendre de la Croix par les « Gaboureaux »

Je suis retourné à Chamrousse le 16 janvier dernier après l’inauguration de la nouvelle télécabine.




Il y a du débit, les longues files d’attente en rang d’oignons ne sont plus que nostalgie ou mauvais souvenirs.

Voici quelques chiffres issus du Dauphiné Libéré


« La télécabine de la Croix compte 70 cabines avec 8 places assises ou 10 places debout. Elle part de Recoin 1 650 et arrive à la Croix de Chamrousse à 2 250 m d'altitude.

Durée de la montée : 6 minutes soit 23 mètres par seconde ou 80 km/h.

Débit de la remontée : 2 700 à 3 000 personnes de l'heure.

Coût de l'appareil : 7,7 millions d'euros (M€). Coût total de l'investissement : près de 13M€.

La télécabine remplace le téléphérique (construit en 1952) et les télésièges de la Croix et du Grand Couloir qui ont été démontés. »

Je n’ai revu ni Fabienne ni Dany sur la piste pour les aider dans leur  chasse neige de grands-mères. A la Croix un stand louait des baudriers pour un parcours chrono par les câbles de la via ferrata gelée et une descente en rappel !

 Regular sur mon surf rouge  « Nitro », un flip de temps à autre, je me suis fait dépassé dans le « Mur de la Rouge » par des djeunes goofy en dreadlocks et baggy, walkman sur les oreilles et au tempo,j’ai cru reconnaître Lady Gaga ou Pink.

Non c’était les Black Eyed Peas.

Ce soir en rentrant je vais regarder « Into the Wild ». Christopher McCandless avait un fusil cela ne l’a pas empêché de mourir dans le « Magic bus ». Est-il nécessaire d’aller si loin pour découvrir que :

« Le bonheur n'est réel que lorsqu'il est partagé ». ?

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Commenter cet article
N
<br /> Salut Pierre,<br /> Il est mignon le petit garçon !!!<br /> Nostalgie nostalgie !<br /> Sympa à lire.<br /> Amicalement.<br /> Nono <br /> <br /> <br />
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F
<br /> j'essaye de varier les genres, même si parfois ça fait un peu grincer les dents de quelques uns : on est comme on est !<br /> Et on a été, mais ça c'est sans regrets la vie est belle!<br /> Amicalement<br /> Merci Nono<br /> <br /> <br />
M
<br /> Superbe article qui traite la nostalgie avec ce petit rien d'humour.<br /> J'ai beaucoup apprécié la lecture et la visite.<br /> Amicalement, maous<br /> <br /> <br />
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F
<br /> parfois j'aime bien me souvenir et aller dans la valise où se trouvent les vieilles photos de famille et me faire une petite séance "nostalgie" Je les scanne mais j'aimerais acquerrir un scanner à<br /> diapos et négatifs ... plus tard<br /> <br /> <br />