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Publié par FMarmotte5

 
Hôpital St Jean de Maurienne cimetière
 
 
Dedans,
Une fenêtre opaque donnant sur le cimetière.
Idées noires des nuits trop longues
Quand le sommeil s'absente.
Le corps meurtri, des cassures, des fractures,
Fêlures sans pétale,
Anagrammes de fleurs dyslexiques.
 
 
Hôpital St Jean de Maurienne DZ
 
 
Au bord,
Les ailes des oiseaux ,
Des barrières, des rebords pour prendre son envol.
La DZ vide sans les anges .
Pales bruyantes qui balayent tout,
La moindre poussière.
Se recroqueviller et fermer les yeux, entre dedans et dehors,
Limite de frontière, un mur, des talus d'herbes folles,
Zone imprécise, indécise, incisive en marge de la carte.
 
 
  Terrasse St Jean
 
 
Autour,
La ville et ses bruits,
Sirènes, klaxons, volées de cloche,
Autoradios à tue-tête et des silences pesants.
Trois heures du matin, la lune est déjà haute derrière le cyprès.
Comme échappée, une effluve de cigarette volée.
Une conversation à voix basse, un chuchotement, des baisers.
Le chien, le coq, plus loin la chouette de Tengmalm,
Dans le creux d'un pin cembro, là-haut dans le territoire,
La zone de combat où le végétal et le minéral s’affrontent et se marient.
 
 
Mamelles de Beaune
 
 
Plus loin,
Sur la grande terrasse comme une jetée vers le large,
L'Arc, ses méandres vers l'amont, le train, l'autoroute.
Modane, Fréjus, l'Italie, le col du Mont-Cenis.
Antiques destinations, ermitages, solitudes blanches.
Plus loin c'est aussi plus haut, dans plus longtemps.
Les sommets futurs qui aimantent l'âme, fixent le regard.
Les Mamelles de Beaune et ses 1000 mètres de calcaire abrupt,
Le Perron des Encombres, les grands espaces du bouquetin.
Les rhododendrons où se cache le tétras lyre,
Les planques du blanchot, le camouflage de lichen du lagopède,
Attentes de patience comme un chasseur à l'affût d'un temps
Qui s'étire,
S'étire au sortir d'un long sommeil de profondeurs intérieures.
 
PF le 27 août 2012
 
 

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marie poupée 10/09/2012 20:24


Bonsoir Pierre , je passe te faire un coucou et surtout prendre de tes nouvelles . J'espère que ta rééducation se passe bien et que tu vas vite retrouver tes jolies chemins que nous partageons
avec plaisir .


Je te souhaite une belle soirée


Marie

FMarmotte5 11/09/2012 08:52



Bonsoir, merci pour ta visite, ça avance je vais rentrer chez moi bientôt avec toujours la consigne 3 mois sans appuis. Dans mes tablettes j'ai des randos que je n'ai pas encore raconté, alors
faute de pouvoir arpenter les chemins, je partagerais des photos.


Bonne journée



Quichottine 01/09/2012 11:46


Ce sont de très belles lignes, même si elles sont empreintes de mélancolie.


J'aime bien ton regard sur ce qui t'entourait, là-bas.


Prends bien soin de toi, Pierre. Tu devrais retrouver peu à peu un corps moins douloureux.

FMarmotte5 01/09/2012 17:16



ça murit et ça sort comme ça vient, j'essaye tout de même de tempèrer le pathos. Question douleur ça va beaucoup mieux, je suis dans la phase d'apprentissage en réeducation plus proche de mon
domicile.


Merci pour tes encouragements.



Maous d'Autriche 29/08/2012 18:03


J'ai dévoré. Curieusement on sent la vision sur l'avenir, à nouveau la découverte, voir, revoir.
Tu es en forme ! J'espère... on te tient en haleine, mais pas la nuit.
Bien amicalement, maous

FMarmotte5 30/08/2012 09:13



Oui Maous, voir plus loin dans le temps et l'espace afin de ne pas se "recroqueviller" sur soi.


Cordialement.



marine D:0019: 28/08/2012 17:43


Le corps souffre, les nuits sont longues mais les pensées s'évadent et voguent avec les oiseaux et les nuages vers cette belle montagne qui attire comme un aimant...


Superbe !


Elle a tout son temps et t'attendra pour de nouvelles aventures vers les sommets Pîerre !

FMarmotte5 29/08/2012 09:32



La douleur c'est du passé, comme tu dis Marine, la montagne attendra. Il faut toujours se projeter vers l'avant ou l'avenir.


Passe une bonne journée.



Lorraine 27/08/2012 14:47


La pâle insomnie qui écoute le silence, l'intense solitude accrue par le corps meurtri et les sensations qui progressent. La nuit, la ville, les bruits, la montagne. Ah! la montagne pour celui
qui l'aime, quels souvenirs tandis que le temps s'étire et qu'arrive le matin.


Tu vas mieux, Pierre?

FMarmotte5 29/08/2012 09:35



Tu me fais découvrir que l'insomnie est pâle. Tient? telle un suaire, une brume, un rideau, un visage exangue... je n'en suis pas encore là ;-). Merci Lorraine pour ton petit mot oui, ça va
mieux je sors demain dans un centre de réadaptation.


Merci pout on petit mot.