Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par FMarmotte5

C’est en essayant de lire «  l’Arc-en-ciel de la gravité » de Thomas Pynchon ( il vient juste de sortir en poche chez Points), que le visage de Kilroy me revient en mémoire.

Ce n’est pas dans ce roman (1104 pages que je terminerai en plusieurs lectures comme l’Ulysse de Joyce) dont le héro a le don  prémonitoire de prévoir où les bombes tomberont pendant le blitz de Londres pendant la 2 ème guerre mondiale  qu’il est question de Kilroy.

 

Le visage de Thomas Pynchon est presque inconnu, je crois qu’il ne circule qu’une photo de lui sur le net, contrairement à la face  de Kilroy qui décorait au début le matériel militaire US puis, tel un ancêtre de Banksy (dont le visage aussi est inconnu), était devenu le graffiti le plus répandu en 1945.

Je me rappelle l’avoir vu sur des dalles de béton que mon père avait acheté à un surplus dans les années 60 afin de consolider le canal derrière la fromagerie.

 

kilroy

 

C'est en écoutant les Styx dont le titre d’ un des albums fait référence à ce tag,

 

 

 

ainsi que plusieurs formations de jazz : Menphis Slim, King Perry,

La communauté afro-américaine a participé pour une large part aux combats de la libération.

 

 

 

 

 

Que j’explore la littérature sur les traces de Kilroy.

Pendant la guerre un contremaître du nom de Kilroy était chargé de compter les rivets à la sortie des  chaînes d’assemblage d'une usine aux USA. Pour ne pas en oublier il marquait son passage d’une X. Par jeu, les ouvriers effaçaient la marque. C’est en signant : «  Kilroy was here » qu’il trouve la parade à cette blague, le personnage est venu ensuite. Lors du débarquement, de nombreuses parties de barges, jeeps, pièces métalliques diverses portaient le fameux graf.

En Normandie, il n’était pas rare de trouver un « Kilroy » gravé sur une poutre de grange, dans un blockhaus, ou à Paris dans une vespasienne, une entrée d’immeuble, une table de bistrot, un banc de square.

 

Trilogie New-Yorkaise

 On le retrouve dans la « Trilogie New-Yorkaise », le personnage de Daniel Quinn crée par Paul Auster, vit reclus  incognito dans un appartement de Manhattan afin de passer inaperçu et surveiller les déplacements mystérieux de Stillman.

Il se cache derrière un cahier lever à bout de bras.

 

 

 « Puis il s’efforça de tenir le cahier, droit devant son visage, le regard passant par-dessus comme s’il était Kilroy en chair et en os. »

Paul Auster  « Cité de verre » page 95 Collection Babel

 

 

 

 

 

 

V

 

 

 

Pour revenir à notre auteur au visage caché, après relecture, c’est dans « V » de Thomas Pynchon que j’ai retrouvé la trace de  Kilroy.

 

Page 558 aux éditions Points, Pappy Hod accompagné de Clyde et Johnny s’enfuient pour échapper à une bagarre et à la MP.

 

 

 

 

 

 

 

« Ils passèrent une ruelle. Devant eux, sur un mur nu, tracé à la craie, un Kilroy était ainsi figuré :

Kilroy de Pynchon

Avec, de part et d’autre, les deux expressions les plus courantes de l’anxiété britannique en temps de crise : PETROLE MANQUE POURQUOI ? et HALTE A LA MOBILISATION. »

 

Plus loin, page 559, Pynchon nous le décrit comme «  tocard à la débilité virile et une vague tendance à la castration. » et après nous avoir expliqué ses origines, il expose cette thèse 

 

« Mais tout cela n’était que faux-semblant, Kilroy, autour de l’année 1940, était déjà chauve, et d’âge mûr. Ses véritables origines étant tombées dans l’oubli, il était capable de s’insinuer dans un univers humain en gardant un silence de jocrisse sur ce qu’avait été sa jeunesse aux boucles blondes. C’était un déguisement admirablement efficace, une  métaphore. Car, à vrai dire, Kilroy avait vu le jour sous la forme du filtre passe-bande, ci-dessous : 

Kilroy filtre passe bande

 

 

Kilroy et son oeil scrutateur ou inquisiteur, n'est pas à confondre avec le visage policier et autoritaire de « Big Brother » dans 1984 de Georges Orwell (1948).

Commenter cet article

Marine D 23/01/2011 13:49



J'aime beaucoup sa petite bouille et écouter Memphis Slim aussi, Pierre...