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Publié par FMarmotte5

La petite sorcière Mijoty

A été lynchée,

Enterrée vivante

Voilà  mille ans.

Les runes sont gardiennent de sa tombe.

Les hommes jaloux et ignorants

Ont eu peur de sa beauté, de sa naissance.

Ils ont préféré écouter les paroles de mort

D’un vieillard sec habillé de noir

Ignorant des choses des sens et du corps.

Le nez dans son livre inutile

Un signet cramoisi au centre

D’une page ouverte sur un charabia,

Un salmigondis dénué de sens.

Il l’a condamné  de son doigt raide et crochu

En invoquant le ciel,

L’enfer est sortit de sa langue fourchue.

 

Renaissance 1998

 

 

Elle tenait dans ses doigts

Serrés avec force : un gland.

La terre est entrée dans sa bouche

Elle a cessé de respirer .

Mais son cœur immortel

S’est battu à battre de la lenteur éternelle,

D’un cadran de mille ans.

 

Le village a disparu.

Les vents d’ouest ont arraché les toitures.

Les neiges du nord ont fait fuir la volaille.

Les canicules du sud ont asséché les puits.

Les routes de l’est ont fermé le paysage.

Le temple s’est écroulé, les vautours y nichent.

La balançoire où elle s’asseyait rêveuse bat encore

La mesure d’un autre temps

Un temps de mille ans.

 

Il faut faire quelques pas

Bien après l’éolienne sans ailes,

En dehors des ruines des cabanes

Pour voir à l’horizon cet arbre

Aux branches dressées vers le ciel,

Entendre une plainte cristalline

Qui vibre dans le vallon.

Quand on traverse la source elle fait silence.

Un silence de mille ans.

 

La petite sorcière Mijoty est là,

Qui t’attend depuis toujours.

La Terre est sa Mère,

Le ciel et les étoiles ses pensées.

Elle te dit approche n’ait pas peur

Ni d’hier ni d’aujourd’hui,

Et demain,

La mort et la vie ne seront qu’un

Pour l’innocence offensée.

Les déserts arides sont la pénitence

Des cœurs stériles et vils

Dont l’ignorance à coupé les propres racines

Du peuple qui sait.

 

Il navigue sur les plaines

Sans question et sans haine,

Sans boussole et sans hache

Depuis mille ans.

Sans guerre.

La revanche n’est pas dans ses mots,

Car dans son cœur mijote le bonheur

Le don de soi, le pardon.

Un feu couve chaleureux.

La petite sorcière Mijoty

N’a plus de chaînes,

Elle est le chêne,

La source, l’herbe, le vent, la nuit,

Le poisson, l’oiseau, le renard et le loup,

Le soleil, la mer, le sable, les comètes et les planètes.

La petite sorcière Mijoty a plus de mille ans

C’est une enfant.

 

Elle vient pour toi

D’ouvrir la main

Tends la tienne

Elle t’aime

Ses larmes sont la pluie.

Depuis bien longtemps

Peut être mille ans

Elle n’a plus de mots.

Alors,

Toi,

Qui a vu fleurir  le désert :

Parle nous d’Elle.

 

PF

Conte sur une idée de dessin de Solyzaan pour

La Petite Fabrique d’Ecriture

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Quichottine 22/11/2010 20:06



Plus de mille ans... c'est une enfant.


 


Mijoty sait nous surprendre au fil des pages... Je lui donne la main ici, saura-t-elle m'emporter là où le ciel est plus bleu, l'eau plus douce ?


 


Je ne sais pas mais j'espère.


 


...



maeldune 22/11/2010 18:09



Elle est née, la divine enfant!



Marine D 22/11/2010 13:38



Magnifique, cette petite enfant qui se réincarne en chêne et qui est un témoin quelque part, dans ce monde si noir, comme une petite graine qui va renouveler l'univers, c'est un très beau texte,
Pierre