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Publié par FMarmotte5

Les ConfessionsLes Confessions tome 1 pages 384 à 399, « le livre de poche » édition 1972.

J'ai fouillé le grenier à la recherche de ces deux volumes, à côté : « Les Rêveries du promeneur solitaire. » GF 1969.

 

Septembre 1737

Rousseau pense avoir des polypes au cœur, il quitte Chambéry et « Maman » (Madame de Warens).

 

« Pour m'achever, ayant fait entrer un peu de physiologie dans mes lectures, je m'étais mis à étudier l'anatomie.. »

 

Il part pour la faculté de Montpellier renommée en médecine avec la bénédiction de « Maman » quand il reviendra, la place sera prise.

 

A Grenoble :

« Le cheval me fatiguant trop, j'avais pris une chaise à Grenoble. »

 

C'est dans ce cortège de chaises de Grenoble à Valence, à Moirans exactement qu'il rencontre Madame de Larnage.

« Voilà Mme de Larnage qui m'entreprend, et adieu le pauvre Jean-Jacques, ou plutôt adieu la fièvre, les vapeurs, le polype...»

 

Il est a noté que Madame de Larnage est mère de 10 enfants, elle a 45 ans, lui 25.

 

« Toute la compagnie se convenait, et voyait à regret le moment de se quitter. Nous faisions des journées de limaçon. Nous nous trouvâmes un dimanche à Saint-Marcellin.

 

Saint Marcellin église

 

Madame de Larnage voulut aller à la messe, j’y fus avec elle : cela faillit à gâter mes affaires. Je me comportai comme j’ai toujours fait. Sur ma contenance modeste et recueillie elle me crut dévot, et prit de moi la plus mauvaise opinion du monde, comme elle me l’avoua deux jours après. Il me fallut ensuite beaucoup de galanterie pour effacer cette mauvaise impression ; ou plutôt Madame de Larnage, en femme d’expérience et qui ne se rebutait pas aisément, voulut bien courir les risques de ses avances pour voir comment je m’en tirerais. Elle m’en fit beaucoup, et de telles que, bien éloigné de présumer de ma figure, je crus qu’elle se moquait de moi. Sur cette folie il n’y eut sorte de bêtise que je ne fisse ; c’était pis que le marquis du Legs. Madame de Larnage tint bon, me fit tant d’agaceries et me dit des choses si tendres, qu’un homme beaucoup moins sot eût eu bien de la peine à prendre tout cela sérieusement. Plus elle en faisait, plus elle me confirmait dans mon idée ; et ce qui me tourmentait davantage était qu’à bon compte je me prenais d’amour tout de bon. Je me disais, et je lui disais en soupirant : Ah ! que tout cela n’est-il vrai ! je serais le plus heureux des hommes. Je crois que ma simplicité de novice ne fit qu’irriter sa fantaisie ; elle n’en voulut pas avoir le démenti. »

Les confessions tome 1 Livre VI page 388 (livre de poche 1972)

 

A Valence :

« Heureusement Mme de Larnage prit un parti plus humain. Elle interrompit brusquement ce silence en passant un bras autour de mon cou, et dans l'instant sa bouche parla trop clairement sur la mienne pour me laisser mon erreur... je devins aimable. Il en étais temps. »

 

Page 394 : « ..nous nous trouvâmes seuls avant d'arriver à Montélimar, et dès lors Mme de Larnage établit sa femme de chambre dans ma chaise et je passai dans la sienne avec elle. »

 

Page 393 : « Je puis dire que je dois à Mme de Larnage de ne pas mourir sans avoir connu le plaisir.»

« J'avais oublié, durant ma route que j'étais malade... »

 

 

Saint Marcellin 007

 

 

Quand je « descends» à Saint-Marcellin, je ne dirais pas que je pense toujours à cette anecdote, elle me fait sourire. D'autres souvenirs m'assaillent, du travail, des deuils, de l'amitié, des soucis, et souvent des départs en montagne, le Vercors pour nous commence de l'autre côté de l'Isère.

25 ans ! De nos jours qu'en est-il du « romantisme » car il s'agit bien de romantisme dont on dit que Rousseau a été précurseur ?

On descend de Genève à Montpellier en ½ journée par l'autoroute via Chambéry, Grenoble, Romans, Valence, Montélimar. Trop court, sans comparaison avec les 15 jours à 3 semaines de septembre 1737.

 

Dans un autre registre, quelle part est-elle laissée au hasard dans les « rencontres » ? La revue scientifique Suisse « Horizons » du 1 er trimestre 2012 dans un article « La renaissance de la lettre d'amour. » parle d'un romantisme numérique dans les sites de recherche de partenaire en étudiant le rapport entre la marchandisation et l'amour, limiter la perte de temps, optimiser la demande. Ne comptez pas sur moi pour une conclusion sur le cœur humain (sans polypes), sinon rappeler le rôle des hormones et des phéromones que Rousseau (Année Rousseau en Isère, 300 ans de sa naissance) n'aurait pas pu trouvé dans un livre de physiologie du XVIII e siècle où il était plutôt question « d'humeur », qu'Antoine Blondin a qualifiée de "Vagabonde" après guerre et sans romantisme.

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Quichottine 13/03/2012 20:20


Je ne peux pas savoir, pour ce qui est du Net... Je n'ai pas fréquenté les sites de rencontres.


Mais si tu veux, tu peux lire ce qu'en dit Isabelle.


http://www.baigneuseendevenir.com/categorie-10968592.html


 


... instructif et drôle.


 


... et merci pour ces pages de Rousseau.


Passe une douce soirée.

FMarmotte5 14/03/2012 09:11



Trsè amusant ce lien, moi non plus je ne fréquente pas ces sites mais il se trouve que l'article dans la revue suisse était de circonstance avec Rousseau, ce qui m'amuse, c'est la notion de temps
qui a tellement changé alors que le coeur humain est me semble t il resté le même ?


Bonne journée,  Quichottine, j'avais louppé l'épisode du "faire-part de mariage".


J'ai parfois la chance d'avoir une petite fenêtre sur le web mais pas suffisant pour y faire un travail sérieux.



Zazou 12/03/2012 21:06


Mon peu d'intérêt pour la scolarité (ou inversement...) ne pas permis d'aller aussi loin dans des lectures proposées par
l'école, même si j'ai toujours lu beaucoup jusqu'à ce jour c'est principalement des auteurs contemporains et thrillers de préférence.


Bonne soirée Pierre, bises

Maous d'Autriche 12/03/2012 19:34


Quelle culture, mon ami !
Je ne lis qu'un mot "poésie". Autant j'ai oublié mes classiques autant je me baigne encore dans la poésie française.
J'avoue avoir étudié à l'étranger ce qui m'a permis de découvrir les grands classiques anglais et américains, mais je suis plutôt du genre "noix" pour les français. C'est pour quand je serais à
la retraite... J#ai déjà le casse-noisette.
Trêve de plaisanterie, je connais "Rousseau" le peintre.
Bien amicalement, Maous

marine D:0019: 12/03/2012 17:01


Edgar Poe, oui, j'en ai lu dans le temps mais il ne me reste pas beaucoup de souvenirs de ces lectures... A la maison aussi c'était filtré on allait à la bibliothèque et attention , c'était
surveillé...

marine D:0019: 12/03/2012 15:34


Je dois dire que c'est savoureux, quelle culture Pierre, j'avoue que passé le collège la lecture des classiques ne m'a pas tentée, à tort, j'en conviens, par contre je lisais avec délices Charles
Peguy, va savoir pourquoi, pour la poésie sans doute ou Citadelle de St Ex dont ma mère avait une très belle édition, ou Maupassant parce que c'était interdit dont je faisais mes délices,
d'ailleurs nos lectures étaient filtrées...


Bonne soirée Pierre

FMarmotte5 12/03/2012 16:26



Merci Marine, avec le tricentenaire Rousseau, je découvre qu'il est "passé pas loin" alors je m'amuse à cette relecture. j'aime bien Maupassant et aussi Barbey d'Aurevilly, mon préfèré
reste Edgar Allan Poe.


Dans mon école aussi les livres étaient filtrés comme tu dis ;-)


Bonne soirée j'en connais un qui se réveille de la sièste.



annielamarmotte 12/03/2012 15:27


j'aurais du mieux lire JJ quand j'étais plus jeune ;)

FMarmotte5 12/03/2012 16:28



ha ha!