Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par FMarmotte5

Un ami m'avait conseillé d'aller voir ce val si particulier dans le canton de Neuchâtel.

Arrivés trop tôt ou trop tard pour la visite de la Mine d'asphalte de la Presta entre Couvet et Travers (CH), le matin entre deux averses nous sommes allés découvrir Môtiers, histoire de marcher un peu. Là dans ce petit village de montagne se trouve un Musée Jean-Jacques Rousseau, dans la maison qu'il occupa le 10 juillet 1762. Nous ne sommes pas venus exprès.

 

Môtiers pave bronze

 

 

Le 19 juin 1762 à Genève, « l'Emile » et « le Contrat social » sont brûlés, il est à Yverdon chez son ami Roguin et comme le sénat de Berne lui refuse un séjour définitif, il trouve refuge dans le Val-de-Travers, à Môtiers sous juridiction du roi de Prusse.

Il s'habille en « arménien », obtient l'aval du pasteur pour aller au culte habillé ainsi mais y renonce lorsqu'en visite, Milord Maréchal lui dit :

 

« pour tout compliment, Salamalek ; après quoi tout fut fini, et je ne portai plus d'autre habit »

 

Allait-il nu ?

 

Brévine

 

J'en doute fort, car cette région de Suisse est très froide, – 41,5°C a été enregistré dans la vallée voisine de la Brévine surnommée : « La Sibérie de la Suisse ».

 

" Je trouvais le séjour à Môtiers fort agréable et pour me déterminer à y finir mes jours, il ne me manquait qu'une subsistance assurée ; mais on y vit assez chèrement. "

 

Ma cousine me raconte cette anecdote selon laquelle le pasteur peu partisan des théories du philosophe, lui lance des pierres accompagné par des habitants du village. C'est dans le livre XII des Confessions que J.J.Rousseau relate l'événement.

 

« Il est temps d'en venir à ma catastrophe de Môtiers, et à mon départ du Val-de-Travers, après deux ans et demi de séjour, et huit mois d'une constance inébranlable à souffrir les plus indignes traitements. Il m'est impossible de me rappeler nettement les détails de cette désagréable époque; mais on les trouvera dans la relation qu'en publia du Peyrou, et dont j'aurais à parler par la suite.
Depuis le départ de Mme de Verdelin, la fermentation devenait plus vive, et, malgré les rescrits réitérés du Roi, malgré les ordres fréquents du Conseil d’État, malgré les soins du Châtelain et des magistrats du lieu, le peuple, me regardant tout de bon comme l'Antéchrist, et voyant toutes ses clameurs inutiles, parut enfin vouloir en venir aux voies de fait; déjà dans les chemins les cailloux commençaient à rouler après moi, lancés cependant encore d'un peu trop loin pour pouvoir m'atteindre. Enfin la nuit de la foire de Môtiers, qui est au commencement de septembre, je fus attaqué dans ma demeure, de manière à mettre en danger la vie de ceux qui l'habitaient.
A minuit, j'entendis un grand bruit dans la galerie qui régnait sur le derrière de la maison. Une grêle de cailloux, lancés contre la fenêtre et la porte qui donnaient sur cette galerie, y tombèrent avec tant de fracas, que mon chien, qui couchait dans la galerie, et qui avait commencé par aboyer, se tut de frayeur, et se sauva dans un coin, rongeant et grattant les planches pour tâcher de fuir. Je me lève au bruit; j'allais sortir de ma chambre pour passer dans la cuisine, quand un caillou lancé d'une main vigoureuse traversa la cuisine, après en avoir cassé la fenêtre, vint ouvrir la porte de ma chambre et tomber au pied de mon lit; de sorte que, si je m'étais pressé d'une seconde, j'avais le caillou dans l'estomac. Je jugeai que le bruit avait été fait pour m'attirer, et le caillou lancé pour m'accueillir à ma sortie. Je saute dans la cuisine. Je trouve Thérèse, qui s'était aussi levée, et qui toute tremblante accourait à moi. Nous nous rangeons contre un mur, hors de la direction de la fenêtre pour éviter l'atteinte des pierres et délibérer sur ce que nous avions à faire; car sortir pour appeler du secours était le moyen de nous faire assommer. Heureusement, la servante d'un vieux bonhomme qui logeait au-dessous de moi se leva au bruit, et courut appeler M. Le Châtelain, dont nous étions porte à porte. Il saute de son lit, prend sa robe de chambre à la hâte, et vient à l'instant avec la garde, qui, à cause de la foire, faisait la ronde cette nuit-là, et se trouva tout à portée. »

 

Le malheur le poursuit, Il apprends la mort de Mme de Warens (juillet 1762)

Il quittera Môtiers le 8 septembre pour l'Île Saint-Pierre sur le lac de Bienne proche de Neuchâtel, sans doute plus hospitalière et tolérante.

 

Cascade Rousseau

 

 

Lors de cette visite, j'ai préféré mettre mes pas sur ceux du « Promeneur solitaire » vers la cascade « Rousseau » et son arche que de visiter le musée, plus enclin à la « Rêverie » qu'à l'histoire.

 

Môtiers

 

 

60 pavés de bronze sur lesquels sont gravés des fragments de courrier, jalonnent le parcours vers la grotte et la cascade .

 

Pavé bronze Rousseau

 

 

Nous nous en tiendrons là, c'est la vallée de l'Areuse et en 3h30 si le temps était au beau nous serions montés au Chasseron 1601 m

 

 

Drapeau Môtiers

 

Suivre en 1h30 le frais vallon de la Poëta-Raisse nous suffira, histoire de se mettre en appétit avant de retourner à La Presta.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Q
<br /> Je trouve que ces pavés sont une bonne idée.<br /> <br /> <br /> Merci pour cette promenade, Pierre.<br /> <br /> <br /> Douce soirée.<br />
Répondre