Roche de Musan, Pré de Cinq-Sous, Rochechinard, Vercors
Carte 3136 ET
Départ L’Eau Basse 800m. Sommet
1295m
C’est le nord ouest du massif du Vercors, un peu à l’écart des grands circuits connus, au dessus de
Saint-Nazaire en Royans, le village de Rochechinard possède un château du XII ème siècle où, en 1483 un prince
turc du nom de Zizim aurait été tenu prisonnier et aurait vécu une incroyable histoire d’amour avec une dame de la région.
Mais c’est pour marcher que nous sommes
venus. Depuis chez moi vers le sud ouest, je vois toute l’année ce triangle de pré très vert au printemps, blanc en hiver, invisible par temps de brouillard , humide par temps de pluie, comme la
queue de l'âne du célèbre baromètre écologique , il me donne des indications sur la situation en montagne.
Il s’appelle le pré de Cinq-Sous, ne me demandez pas pourquoi, il a peut être
été acheté pour cinq sous, à moins, que par son exposition et sa pente, on en donne pas plus de cinq sous. J’ai entendu dire que les gens ne prenaient que 5 sous pour aller faucher le pré ?
Il reste encore quelques vieux qui connaissent la valeur des choses.
Quand la neige recouvre encore les sommets, c’est une bonne petite rando découverte de printemps. Après Rochechinard monter en voiture par la route en lacets qui mène au Château (que nous irons voir au retour, il n’est accessible qu’à pied.)
On laisse la voiture à l’Eau Basse, un
bon sentier privé monte dans la forêt, vers le sud jusqu’à la prairie de Laragnolle, sous le Serre de Crève-Cœur : est-ce en souvenir du Maure mort d’amour ou bien de la pente sévère qui nous
mène à l’épaule au dessus du pré de Cinq-Sous ?

La vue porte vers les rochers de Leoncel , encore un petit raidillon et nous atteignons le sommet 1295m au dessus d’une petite falaise où le regard
porte à l’ouest vers la plaine de l’Isère et le Rhône au dessus de Beauregard.
Au retour au lieu de redescendre sur
Laragnolle nous poussons jusqu’au Col des Cordeliers par le Pré des Fourmis et nous cassons la croûte à quelques mètres d’un noeud de vipère.
La toponymie de cette montagne est originale, Sous la forêt de Bramafan, qui, comme son nom l’indique est un lieu fréquenté par les cerfs, un ancien
monastère après le col des Marchands porte le nom de Saint-Benoît 928m.

C’est devenu une maison particulière, mais le calme de la prairie et le la tranquillité de sa situation sont évocateurs des ambiances contemplatives et laborieuses des meilleures années
médiévales."Laborare est orare".
Un sentier vers l’est nous ramène à
notre point de départ.

Nous avons le temps d’aller voir le château dont les ruines sont interdites au public pour cause de chutes de pierres, au dessus d’un linteau, une face de Marmouset médiéval grimace à notre passage. A moins que ce soit le coeur de Zizim pétrifié par la douleur?