Du Monastier sur Gazeille au Bouchet St Nicolas, Velay, Stevenson
Lever 6h30 départ 8 heures.
Etape de 22 kilomètres
Dénivelé de 730 mètres
Carte IGN 25000 Gerbier de Jonc 2836 OT et Solignac-sur-Loire 2736 E
Il fait beau pour ce premier jour. La descente sur le Moulin de Savin
alt.806m. est une bonne mise en jambe, puis montée dans le bois pour atteindre le plateau en passant par Courmacès, le Cros et Saint Martin de
Fugères à 1000mètres on est vendredi, nous ne croiserons pas les fidèles à la sortie de la messe comme Stevenson quand il en découd avec le bât de Modestine. 
Par contre, il y a une boulangerie ouverte et de beaux motifs naïfs sur le portail roman de l’église. Cette étape est bien décrite par Stevenson, car il lui arrive de nombreuses péripéties
d’ânier inexpérimenté avec Modestine, elle n’avance pas, les voyageurs lui donnent des conseils, son chargement se renverse : heureusement rien de tel pour nous.

Paysage de champs, petits villages avec lavoirs et églises. La descente sur Goudet est plus intéressante, la pente couverte de genêts laisse apercevoir une belle vue sur la Loire encore tortueuse ici non loin de sa source au Mont Gerbier de Jonc près du Mézenc.

Le village de Goudet possède une église comme tous les villages, son toit de tuiles vernissées est original.
Sur un piton rocheux, dominent les ruines du château de
Beaufort. Dans le vallon : la Loire .Nous croisons un groupe de 4 randonneurs que nous allons revoir sur le chemin, le conversation s’entame, le « guide » de cette équipe est
encore dans son voyage à Compostelle, il n’a pas mis les pendules à l’heure et il trimballe encore se petite cougourde (courge sèche symbolique, accrochée à son sac à dos) .J’ai droit à une
discours sur Compostelle, moi qui suis mécréant ! L’incident se clôt quand je lui dis qu’une légende espagnole raconte que ce n’est pas Saint Jacques qui est à Compostelle, mais Jacobus un
évêque Wisigoth et adepte du moine Arius. Comment venir en barque d’Israël avec la tête coupée ? Chacun marche pour ce qu'il veut.
On prend de l’avance et on traverse la Loire à Goudet alt.800m.
Stevenson après Goudet parle de « L’interminable colline sur l’autre versant » en fait 150 mètres de dénivelé jusqu’à Montagnac. Un compagnon de route lui avait donné le mot clé "maçonnique" dit-il avec humour écossais pour faire avancer les ânes : « Prout » pour nous pas encore besoin de « prout » ni de bastonnade, en haut de la côte, nous faisons une petite pause pour se désaltérer avec vue sur le chemin parcouru.
Montagnac, Ussel, Bargettes où nous traversons la N86, puis la narce du Pêchay avec des chevaux et un âne dans un pré voilà des animaux, nous avons l’habitude dans nos montagnes de croiser bouquetins,
marmottes, chamois, mouflons, ici, c’est ânes et chevaux, vaches, volailles, escargots et grenouilles et chiens! La route devient rouge, car les carrières de pouzzolane sont fréquentes sur
le chemin comme au Rachas au dessus de Preyssac.

Le paysage est le témoin de l’activité volcanique, de grands creux, anciennes tourbières qui abritent une bio diversité importante de flore et faune
des milieux humides.
Maintenant asséchées et cultivées, elles sont des reliques de cratères de volcans ainsi que dômes, puy, suc ou Puech couverts de forêt. Quand nous arrivons au Bouchet Saint Nicolas 1218m. il est 16h30, nous avons pic niqué dans les champs près du réservoir d’Ussel à 1027m.Au loin, les agriculteurs s’activent pour faire du foin et de l’ensilage, trois parfois quatre tracteurs sont en train de tourner,l’agriculture de montagne est subventionnée, le 22 septembre 1878 était un dimanche ce n’est que le lendemain que Stevenson fait ce commentaire :
« Il était cinq heures du matin à quatre mille pieds au-dessus des eaux de la mer ; il me fallut enfoncer les
mains dans les poches et trotter. Des gens se groupaient au-dehors pour les labours de la campagne, par deux et par trois et tous se retournaient pour regarder l’étranger. Je les avais vu revenir
le soir précédent, je les voyais repartir à leurs champs. Et c’était en résumé la vie entière du Bouchet. »
Plus loin encore, le Mézenc se découpe vers l’est.