Le Bouchet Saint Nicolas, le lac, le village, le gîte.Stevenson
Nuit du 12 au 13 juin 2009
« Je
demandai à l’un des gamins où je me trouvais. Au Bouchet Saint Nicolas, me dit-il. Là, à un mille environ au sud de ma
destination…… ...........J’envoyai à tous les diables le lac et mon intention d’y camper et
m’enquis d’une auberge. »
Stevenson est venu au Bouchet Saint-Nicolas pour camper au bord du lac, on lui avait dit qu’il ressemblai aux lacs de son pays bien aimé : l’Ecosse ».

Arrivé tard à la nuit tombante le 22 septembre 1878 et mal renseigné par un agriculteur et sa mère rentrant au village, il ne verra jamais ce beau lac situé à 1.5 km. au nord du village
et qui comble un cratère et bordé de sapins majestueux. Nous nous y sommes rendus le soir en promenade.
Il est bien accueilli dans une auberge rustique.
« Dans ces auberges de peu, le voyageur s’attend à manger à la pointe de son couteau. A moins qu’il n’en réclame un, nul autre ne lui sera fourni. Avec un verre, un chanteau de pain, une fourchette de fer, la table est complètement dressée. Mon couteau fut copieusement admiré par le propriétaire du Bouchet et le ressort le remplit d’étonnement. »
Pour ma part, mon couteau suisse à 8 lames « Victorinox » n’a tiré l’œil ni du patron ni des randonneurs, occupés à déguster une bouteille de Beaujolais sans doute pas de la même cuvée que celle que Stevenson débouche lors de cette soirée au Bouchet.

Le village possède une maison avec de curieux bas-reliefs dont un animal aux grandes dents : serait-ce déjà les prémices du Gévaudan ?



L'épicerie où nous comptions faire des achats n’ouvre que de 10 h. à midi, nous puiserons donc dès ce soir dans nos réserves de bouche : purée, soupe rapide et une boite de pâté, le prochain
village sur l’étape du lendemain est Landos, avec des commerces, ce n’est pas encore la Lozère mais on s’en approche.

Nous sommes attendus à la « Retirade » ou Gîte communal .Téléphone de la mairie : 04.71.57.88.00 les réservations sont à adresser à M.Raphaël Fourcade Lot Bel Abri 43340 Landos
Tél. : 04.71.02.57.09 (13€70 la nuit) .Nous voilà dans l’ambiance Stevenson : au fond de la salle de restaurant trone une grande statue de résine qui donne une
touche d’humour genre B.D. à ce couple aussi mythique que Don Quichotte et Sancho Panza que sont Stevenson et Modestine.
La place du village aussi a sacré notre aventurier du XIX ème siècle avec une stèle de bois d’une facture rustique mais de bel aspect massif.
Notre gîte 100 mètres derrière l’église est grand, Nous sommes accueillis par M.Fourcade père au verbe haut et qui connaît bien son sujet, il est
intarissable sur les premier chapitres et surtout celui qui nous concerne : « J’ai un aiguillon. ».Il vend jusqu’à 400 exemplaires du « Voyage avec un âne » à la première
étape. Il doit y avoir des néophytes qui se sont laissés entraîner dans cette aventure sans avoir lu la version initiale, je n’ose pas dire « initiatique ». L'ambiance et l'accueil sont
cordiaux et chalheureux.

La statue de résine à la teinte rouille ainsi qu’une série de planches de dessins ont été réalisées par un artiste belge. Les tables sont décorées par des cartes au 25 000 qui tracent le
long périple de notre auteur : soit encore 9 jours de marche et quelques 200 km. plus au sud, histoire de nous donner du courage.
Le soir je broge en m’endormant dans le dortoir où un autre couple a pris ses quartiers ; comment vais-je appeler ces pages de blog ? Vous avez échappé à :
« Voyages d’un âne Dauphinois »
"R.L. Stevenson’s Blog " est un peu prétentieux.
« Le Blog de R.L. Stevenson » pourquoi pas ?Le récit s’y prête bien et il tenait tous les jours un journal de bord. J’aurai dû emmener un ordinateur portable pour consigner au jour le jour ces pages.