Une histoire de ponts, l’Allier en bord d’Ardèche, Pradelles, Langogne GR70.
Dimanche 14 juin 2009
Carte Langogne 2737 Est IGN 25 000
De Pradelles à Saint Etienne de
Lugdarès.
A Pradelles le soir, nous avons mangé la
spécialité : les « Tripous », des tripes préparées en paquet. En relisant les « Voyages avec un âne » j’ai cherché ce que Stevenson avait pu manger dans le auberges, mais
il parle surtout du pain qu’il partage avec Modestine et de ce qu’il met dans sa gourde.

« J’avais traversé la Loire le jour précédent, maintenant j’allais traverser l’Allier, tellement sont rapprochés les deux confluents près de leur
source. »
Quand on sort de Langogne avant de traverser le Langouyrou, petit affluent de Allier se trouve une
maison avec un curieuse sculpture : « Lou Caguïre ».
Un homme assis dans une position inconfortable .En fait
dans le temps, les lépreux qui étaient appelés « Cagots » d’une façon péjorative n’avaient pas le droit d’entrer dans les villes, cette maison était leur maladrerie, plus tard le mot
Caguïre s’est généralisé pour designer les mendiants et les errants.
Dans cette étape, vous me direz que Stevenson n’est pas allé à Saint Etienne de Lugdarès : vous avez raison et pourtant c’est le passage le plus comique sinon le plus croustillant :
celui de son aventure à Fouzillac et Fouzillic (sur la carte IGN avec 2 l), pour celui qui ne connaît pas ce texte de pure littérature je lui conseille d’aller acheter ou louer le « Voyage avec un âne » rien que pour ce chapitre I de « Gévaudan » : Campement dans l’obscurité.


« Une lueur de roche, une lueur de sentier aux endroits où il était bien frayé, une vague densité floconneuse ou nuit dans la nuit, produite par un
arbre- voilà tout ce que je pouvais discerner. »
Plus loin,
« Maintenant, si j’avais trouvé de l’eau j’eusse campé aussitôt malgré tout. L’eau pourtant faisait totalement défaut, sinon sous les espèces de la pluie, je résolus de retourner à Fouzilhic. »
Encore plus loin mais si proche.
« Ce n’était plus Fouzilhic, mais Fouzilhac. »
Et finalement ;
« Et la fameuse porte se referma, pas assez vite pourtant pour que je n’entendisse point un éclat de rire. Filia barbara, pater barbarior. Mettons cela au pluriel : les Bêtes du Gévaudan ! ».
Nous ne sommes pas allé à pied dans ces deux hameaux, car il n’y avait pas de place au gîte du Cheylard l’Evêque, nous y sommes passé en revenant avec la voiture, et je ne crois pas les habitants de Fouzilhac si fermés à l’Etranger et pour preuve l’avenant, volubile et si accueillant aubergiste du Bouchet nous a dit qu’il en venait de Fouzilhac.
Et c’est avec une bonne rasade d’eau de vie que notre auteur après avoir marché dans les fondrières finira par passer cette courte du nuit du 24 au 25 septembre 1878 avant de descendre le lendemain sur le Cheylard.