Le Buddleia : décoratif ou invasif ?
L’an passé pour me souvenir de nos années à Champ sur Drac à la confluence du Drac et de la Romanche, sur les digues et les gravières, j’ai pris un Buddleia sauvage que j’ai transplanté dans mon jardin.
Cette année, il a fleuri. J’aime cet arbuste aux fleurs fugaces d’un rose pâle et très parfumées. Il attire les papillons.
Son nom vernaculaire est « l’Arbre aux papillons ».
Le Buddleia du Père David ou Buddleia davidii est originaire de Chine. Il semble aimé tous les sols, il est passé sans problème des sols légers et caillouteux d’une berge de rivière aux sols lourds et argileux des Chambarans.
En voulant faire plus ample connaissance avec ce végétal j’ai découvert qu’au même titre que l’ambroisie, la renouée du japon, le solidage géant, la grande berce du Caucase et même le robinier faux acacia, il est classé dans les plantes invasives. En d'autres termes sa prolifération peut représenter un danger pour la bio-diversité.
Présenté dans les sites de jardinage, le buddleya possède de nombreux cultivars améliorés pour la couleur des fleurs. Il semble qu’il n’a pas de parasites et si les papillons le butinent, aucune chenille ne vient manger ses feuilles.
Il est recommandé de le tailler très court. Comme il se sème facilement tout seul, je veillerai à ce que les plants issus de ses graines ne prolifèrent pas.
La liste des plantes invasives cite aussi le topinambour que je consomme l’hiver avec délice pour son goût de coeur d’artichaut, l’herbe de la Pampa dont j’aime la grande hampe florale et son plumeau duveteux.
Pomme de terre, haricots, maïs, tomates ont la chance de ne pas être invasifs, car je crois que nous aurons bientôt dans nos assiettes que fèves et choux et encore accepterons nous s’ils sont de Bruxelles ? Je ne vous parle que des plantes, mais ragondins, crapauds, crabes, huîtres, hérissons, moustiques voyagent de part le monde au rythme de la mondialisation qui n’a pas commencée avec notre siècle. Les Routes de la Soie, la découverte de l’Amérique, la puce, le morpion, rats et souris ont accompagnés Homo sapiens ou Neandertal au cours de leurs migrations pour conquérir la planète.
A défaut d’être décoratif, l’homme est-il une espèce invasive ?