"Réforme" ose le jeu de mot sur J.J.Rousseau.
Numéro spécial Jean-Jacques Rousseau dans « Réforme » sous un titre original :
"Promeneur solidaire"
Prêté par des amis afin de faire passer les longues heures de convalescence, j'ai feuilleté puis j'ai lu ces pages bien documentées, loin des approches scolaires que j'avais pu avoir dans les années 60.
Tâche ardue de faire un commentaire de ce numéro spécial assez dense du 2 août 2012.
Toutes les thématiques de Rousseau y sont abordées : éducation, politique, foi, musique et bien sûr ses rapports « je t'aime moi non plus » avec la ville de Genève qui, il ne faut pas l'oublier a mis à l'index puis brûler le « Contrat social » et « L'Emile ».
Les pages sont illustrées de manuscrits et de portraits peu connus du philosophe.
En page 8 et 9 deux critiques de la « Profession de foi du Vicaire savoyard » remettent les pendules à l'heure et gomment cet image panthéiste que nous pouvons avoir de Rousseau en le situant, écrits à l'appui dans la pensée calviniste parlant d'un « credo original ». Étant même précurseur de certains courants actuels.
Deux articles m'ont particulièrement intéressés dans la domaine de l'écologie. Présentant Jean-Jacques Rousseau comme « un prophète de l'écologie » Philippe Roch, docteur en biochimie (ex directeur du WWF-Suisse) en quelques points souligne l'essentiel.
La place de l'homme dans la nature avec des extraits du « Vicaire savoyard » et la découverte des paysages alpins.
La dénonciation des ravages de l'industrialisation débutante .
Une vie simple proche des partisans de la « décroissance », loin de l'écologie dite politique au sens primitif du terme que Floran Augagneur (philosophe des sciences Institut d'études politiques de Paris ) précise ainsi:
« Les concepts de développement durable, d'environnementalisme et de naturalisme en sont l'exacte antithèse. Les deux premiers sont impliqués dans un processus de continuation du programme cartésien et néocartésien d'extériorisation de la nature. »
Dans l'ensemble, il est intéressant de replacer Rousseau dans sa géographie, son temps et son héritage du passé pour ne pas en faire des caricatures de potache (mea culpa) et se dire qu'il y a encore beaucoup à découvrir dans ses pages et entre ses lignes.