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Jeudi 9 juillet 2009

Mettre un terme à telle aventure n’est pas chose facile. Les images et les souvenirs peuplent rêves et conversations.

De très bons ouvrages sont dorénavant sur nos rayons de bibliothèque, mais jamais ils ne remplaceront nos souvenirs.

R.L Stevenson ; « Voyage avec un âne dans les Cévennes » édition de Borée

La B.D. : « Voyage avec un âne dans les Cévennes » Le Faou aux éditions Alain Piazzola


« Les premiers camisards Juillet 1702 «  de  Henry Mouysset aux éditions les presses du Languedoc










Le très beau : "Stevenson en Cévennes" dont les photographies de  Michel Verdier illustrent des morceaux choisis du « Voyage avec un âne. »


Michel Verdier est photographe et nous avions eu l’occasion de voir à la bibliothèque de notre village quelques uns de ses ouvrages dont «Saisons de Bergers en Cévennes ». Il vient de parcourir le Stevenson avec un ami et un âne pour présenter des textes en édition bilingue de l’œuvre de Stevenson avec des photos toujours aussi envoûtantes.

Adieu Modestine
Le soir du 2 octobre 1878 la séparation est imminente :

« Modestine et moi - ce fut notre dernier repas ensemble- nous cassâmes la croûte sur le faîte du saint-Pierre, moi assis sur un tas de cailloux, elle debout à mon côté au clair de lune et, comme une personne distinguée, recevant le pain de mes mains. La pauvre bête mangeait mieux ainsi, car elle avait pour  moi une sorte d’affection que j’allais bientôt trahir. »

On dirait la Cène : le dernier repas et Stevenson y joue le rôle d’un Judas. Plus tard sur la route d’Alès le 4 octobre 1878, il se surprend à verser des larmes. Un sous entendu :


“For twelve days we had been fast companions; we had travelled upwards of a hundred and twenty miles, crossed several respectable ridges, and jogged along with our six legs by many a rocky and many a boggy by–road. After the first day, although sometimes I was hurt and distant in manner, I still kept my patience; and as for her, poor soul! she had come to regard me as a god. She loved to eat out of my hand. She was patient, elegant in form, the colour of an ideal mouse, and inimitably small. Her faults were those of her race and sex; her virtues were her own.

« Farewell, and if for ever –“

« Adieu, et si jamais….

Le Père Adam pleura quand il me la vendit. Quand je l’eus vendue à mon tour, je fus tenté de faire de même. Et comme je me trouvais seul avec le conducteur du coche et quatre ou cinq braves jeunes gens, je n’hésitai  pas à céder à mon émotion. »

Par FMarmotte5 - Publié dans : Sur les traces de R.L.Stevenson - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Jeudi 9 juillet 2009

Carte 25 000 IGN Corniche des Cévennes 2740 ET

Dorénavant le Mont Mézenc qui ne nous quittait pas au Bouchet Saint Nicolas est loin, très loin  derrière ces 200 kilomètres. Le Mont Aigoual s’impose avec ses  1567m. de tous les points de vue.

¾ d’heures  depuis le Serre de la Can nous amène au village de Saint Germain de Calberte.

Ici c’est le domaine du Cévenol et son pays de pierre.


Le paysage presque austère impose le respect.


Bancels : terrasses pour cultiver ;

Besal : canaux pour acheminer l’eau si rare en été.

Gorga : citernes de stockage.

Une tradition montagnarde autour de l’eau qui n’est pas sans rappeler les Alpujarras dans la Sierra Nevada.


Je vous laisse visiter le site du Musée Cévenol de Saint Jean du Gard.

Les traditions, le parler et la toponymie sentent l’Occitan.



La survie arrachée de dure lutte et de longue date en fait un pays de forts contrastes malgré la douceur du climat.

Les cigales se font entendre sur les versant sud. Les rivières se nomment déjà Gardons : Gardon de St Germain en passant à la Liquerolle, Gardon de Martin, Gardon de Ste Croix que nous traversons au Martinet après St Etienne de Vallée Française. Nous sommes dans le Valfrancesque.

La montée au  Col Saint Pierre 601m. sent bon le Languedoc, nous retrouvons la Route Royale aménagée par l'intendant du Languedoc pour combattre les Camisards .Vous retrouverez toute l'histoire du Désert dans le site du Musée du même nom à Mialet.Nous sommes dans le Gard. Pins maritimes, lentisque, cistes, genévriers. Chaque mas ancien est témoin du passé avec ses terrasses, ses jardins, et nous sommes bientôt rendus par l’Affenadou au Pied de Côte où nous trouvons le Gardon de Saint Jean que nous traversons sur le radier au Cambonéral pour retrouver




Le Pré de Modestine
30270 Saint Jean du Gard

Tél. : 04.66.85.11.36
mobile : 06.78.42.94.39


Michel Verdier et son épouse Evelyne tiennent ce gîte accueillant à 2 km. de Saint Jean du Gard  et du Pont en dos d’âne .Sur le bord du Gardon de Saint Jean, , il est possible d'y laisser son automobile pendant le périple. Le site est tranquille et reposant tout en ayant l'avantage de la proximité de Saint-Jean pour en faire la visite.

Le pont en dos d'âne de Saint Jean du Gard
Par FMarmotte5 - Publié dans : Sur les traces de R.L.Stevenson - Communauté : montagne
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Samedi 4 juillet 2009

Nous sommes attendus au Serre de la Can, et c’est vers 10h30 que nous traversons le Rieutord pour monter à pied dans la très belle forêt de Fontmort.

Carte 25 000 IGN Corniche des Cévennes 2740 ET


Fontmort est le lieu d’une défaite des Camisards. Le 28 juillet 1702, ils sont surpris au Plan-de-Fontmort par le capitaine Poul qui les poursuit avec un cimeterre Arménien. Une stèle commémorative rappelle cette bataille, mais aussi l’Edit de Versailles ou Edit  de tolérance du 7 novembre 1787 de Louis XVI.


Ce chemin de crêtes de Plan-de-Fontmort au Serre de la Can est caractéristique .En effet, taillée dans le schiste on dirait parfois une ancienne voie romaine.






C’est la Route Royale, taillée dans le schiste

construite à la demande de Louis XIV pour faire passer les troupes de Dragons et assujettir les Cévennes ou : 

 
« Pendant octobre et novembre 1703- quatre cent soixante villages et hameaux furent par le feu et le fer complètement anéantis- quelqu’un debout sur ce point culminant aurait contemplé une terre silencieuse sans foyers et sans habitants. » R.L.Stevenson.

La carte au 25 000 propose des diversions intéressantes,  le hameau abandonné de St Clément signale « vestige de villa Gallo-romaine » nous avons vu le beau travail de mas de « Pierre Sèche ». Après un orage qui nous a fait sortir nos pèlerines. La pause pique-nique s’est imposée près du menhir et dolmen de Claroudens.













Au col de La Pierre Plantée encore un Menhir, nous amorçons la descente vers notre gîte de ce soir qui fait figure d’Hôtel 3 étoiles.




















En effet pour une somme modique en accueil d’étape, nous aurons une chambre seule pour deux et dînerons ce soir dans la belle salle de restaurant  avec nappe et verres à pied.

Une halte sympathique bien que le cadre des années 70 surprenne.
 Le Petit Calbertois au  Serre de la Can

 

48370  St germain de Calberte

Tél. : 04.66.45.93.58

Il accueille aussi les rassemblements de motards et les concentrations de Bikers. Gîte équestre, piscine, promenade en forêt, cet endroit possède les atouts pour des vacances intéressantes.

La vue  depuis la fenêtre de la chambre porte vers le sud et notre prochaine étape.

Cette journée du vendredi 19 juin que j’appréhendais a été finalement superbe. La forêt que je craignais déjà trop provençale est constituée de grand arbres, résineux, châtaigniers. L’orage a fait pousser des champignons et donner une luminosité de brume à nos 12 km. dans cette belle forêt de Fontmort. La musique commence à me manquer, et c’est avec volupté que j’apprécie le choix de l’ambiance musicale «  années 70 » entre Polnareff et Souchon, loin des querelles passées.

 


« Nous parvînmes enfin sur une large chaussée blanche au silencieux tapis de poussière. La nuit était venue. La lune s’était réverbérée pendant un bon moment sur la montagne d’en face, lorsqu'à un tournant, mon baudet et moi nous trouvâmes dans sa pleine clarté. J’avais vidé mon eau-de-vie à Florac ; car cette potion m’était devenue insupportable. Je l’avais remplacée par un Volnay généreux au bouquet parfumé. Et maintenant sur la route je bus à la majesté de la lune. Ce ne fut qu’un couple de gorgées ; pourtant dès cet instant, je devins inconscient de mes membres et mon sang circula avec une volupté insolite. »
Par FMarmotte5 - Publié dans : Sur les traces de R.L.Stevenson - Communauté : montagne
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Samedi 4 juillet 2009
Carte 25 000 IGN Corniche des Cévennes 2740 ET
 Nous n’avons que 9 jours pour ce périple, Stevenson en a mis 12.
Il y a aussi plusieurs façons de « faire le Stevenson ».
Des agences de voyages parfois s’occupent de tout, gîte et aussi transport des valises. Les gens partent le matin avec leur petit sac du jour, pour trouver le soir au gîte ,habits de rechange, pantoufles et brosse à dent. Ce n’est pas notre cas et j’aime bien un peu de surprise dans nos aventures, même si il faut faire la lessive de chaussettes culotte, slips et chemises tous les 3 jours.
Il y en a aussi qui marcheurs de différents niveaux viennent avec une voiture suiveuse, quand une personne est fatiguée, elle peut faire une partie de l’étape ou prendre un jour de repos. Ce qui est bien, c’est de se sentir libre et de n’avoir à rendre de comptes à personne.

En sortant de Pradelles je me souviens d’une voiture qui s’arrête pour me dire que le « Stevenson » passe en haut du cimetière et non pas en bas comme j’étais en train de la faire sachant que 50 mètres plus loin les 2 chemins se rejoignaient.
Je suis parti d’un énorme fou rire. Et vous aurez compris que je ne suis pas un « Intégriste » du GR. Nous sommes en vacances et comme dit l’autre :
« Ni Dieu, Ni Maître ! »

 Il y en a même qui font tamponner un carnet de route. Comme si en montagne quelqu’un au sommet vous donnai un certificat justifiant que vous y êtes monté. Nous sommes vendredi 19 juin 2009 et notre but est de relier Florac à Saint-Germain de Calberte soit 35 km. (Sale affaire !).Mais ce matin au gîte des personnes nous ont dit qu’il existait un car. Alors après avoir pris notre temps pour le petit déjeuner, nous allons à l’ancienne gare et en effet il existe un car qui nous pose sur la N106 en bas de Cassagnas à 16 km. de Florac.













Cela ne nous a pas empêché de voir aussi les bords de la Mimente et le château de St-Julien d’Arpaon, où le GR70 emprunte l’ancienne voie ferrée le long de la Mimente jusqu’à l’ancienne gare qui est devenue
« l’Espace Stevenson » : un gîte.

les crêtes de l'Aigoual en allant à Barre-Des-Cévennes par la Corniche.

Stevenson aurait pu passer par les crêtes et Barre des Cévennes, le paysage y est sublime, mais, toujours sur les traces des Camisards, Cassagnas lui semble une halte idéale. C’est pour nous l’occasion de lire ses réflexions sur la tolérance, et les religions en général. C’est son humour très moderne qui me touche et qui lui fait prendre de la distance dans ces affaires là .Cassagnas (il semblerai que ce nom vient de Châtaigne castanea, le nom latin du châtaignier) abritait en 1702 des arsenaux dans ses grottes et comme dans notre vieux Vercors et les grottes de la Luire pendant la Résistance, on y soignait les malades et les blessés. Dans le chapitre : « Au cœur de la contrée » il temporise la gravité des événements relatés par ce clin d’œil du mardi 1 octobre 1878.
« A vrai dire, il y a une famille qui n’est pas protestante, non plus que catholique du reste. C’est celle d’un curé en rébellion qui s’est marié avec une institutrice. Et sa conduite, fait à noter, est désapprouvée par les protestants du village. »
Par FMarmotte5 - Publié dans : Sur les traces de R.L.Stevenson - Communauté : montagne
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Jeudi 2 juillet 2009

 

Jeudi 18 juin 2009
Le chemin du bas nous a permis d’arriver à Florac tôt dans l’après midi et de prendre un repas sur un banc en face de la Sous-préfecture où la fameuse carte a été cherchée pour décider de la suite du voyage de R.L.Stevenson .




« On alla chercher, à la sous-préfecture même, la carte de l’arrondissement et elle fut bien maculée de traces de pouces parmi les tasses de café et les verres de liqueur. »








Rien a changé  et je laisse le déclencheur de mon appareil photographique à R.L.Stevenson pour cette visite de la ville.


 









Le Château (maison de parc des Cévennes)                 Les cascades qui viennent dde la Source du Pêcher

L
e compagnon de Modestine décrit Florac  au chapitre IV 
« Au pays des Camisards  » et je n’ai pas besoin de faire moi-même le commentaire, tant le texte colle à la réalité actuelle :











"Sur un affluent du Tarn est situé Florac, siège d’une sous préfecture, qui possède un vieux château fort et des boulevards de platanes, maints quartier anciens et une source vive qui jaillit de la falaise. Cette ville est renommée, en outre, par ses jolies femmes et comme l’une des deux capitales – l’autre étant Alais (Alès)-, du pays des camisards. »


Je vous laisse juger si vous y aller de la beauté des filles, mais après nous être installés pour la nuit au

Centre d’Accueil des Cévennes

7, Place du Saguenay

48400 Florac

Tél. : 04.66.45.23.98

Nous sommes allés le soir visiter le centre d’information du Parc National des Cévennes, puis ,sous le « Boulevard de platanes » manger une pizza et voir la source du Pêcher .
Florac est à la jonction géologique de 3 massifs. Le volcanisme du Velay loin derrière nous , laisse la place au granite du Mont-Lozère, aux  schistes que nous trouverons à Fontmort et à la  belle roche de calcaire du Causse  et la falaise de Rochefort qui donne sa source à Florac.


Un jumelage original du parc des Cévennes avec le Parc national du Saguenay au Quebec et le Parc naturel du Montseny (Catalogne) donne des idées de voyages à la découverte de nouvelles montagnes et ecosystèmes.

Par FMarmotte5 - Publié dans : Sur les traces de R.L.Stevenson - Communauté : montagne
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Jeudi 2 juillet 2009

C’est en lisant le très bon livre de Henry Mouysset : « Les premiers Camisards juillet 1702 » aux éditions les Presses du Languedoc (En vente à la maison du parc des Cévennes à Florac) que je commence cette page. Le GR70 (carte Mont Lozère Florac IGN 2739 OT 25 000) monte au Signal du Bougès 1421m. et passe par les 3 Fayards (Los Tres Faus) 1398m. Lieu historique où le 24 juillet 1702 à 17h30 une cinquantaine de Cévenols se regroupent autour de Pierre Séguier dit « Esprit » pour former le noyau des Camisards afin de se venger de la répression et des injustices commises par l’Abbé Du Chaila au nom de l’Etat et avec le zèle de l’Inquisition.
Stevenson emmène
"Pasteurs du Désert" de Peyrat  qui lui sert parfois d'oreiller les nuits à la Belle.



















                      Pont de Rouméjon  sur le Tarn à Pont-de-Montvert
Fatigués ce matin, nous laissons cette montagne mythique pour suivre les traces de notre aventurier  (20 km. de Pont-de-Monvert à Florac) et son ânesse sur
 « une route neuve qui conduit de Pont-de-Montvert à Florac, par la vallée du Tarn. Son assise de sable doux se développe environ à mi-chemin entre le faîte des monts et la rivière au fond de la vallée. »
Nous sommes le jeudi 18 juin 2009 et en date de cette soirée du 29 septembre 1878 on peut lire :
« Après peut-être un mille, j’aperçus à environ soixante pieds au dessus de la route, un petit plateau assez large pour contenir mon sac et protégé, comme par un sûr parapet, par le vieux tronc d’un énorme châtaignier……..Il n’y avait place que pour moi sur ce plateau et il me fallut remonter presque aussi haut encore, avant de trouver un endroit propice pour ma bourrique. C’était un amas de pierres croulantes, sur un gradin artificiel, qui n’avait certes pas cinq pieds carrés en tout. »


Stevenson découvre le travail du Cévenol : les « bancels » .En cette saison la digitale pourpre est en fleur sur les gradins et les éboulis.

Au matin ce sont des grignotements dans le bas de son sac de couchage de laine bleue qui le réveilleront car les rats infestent les châtaigniers .
Ici commence le monde du châtaignier et de la culture Cévenol autour de cet arbre, dont les séchoirs ou « Clèdes » et bien sûr les différentes recettes de
cuisine aux châtaignes.
Je voulais voir de mes yeux les terrasses sur lesquelles Stevenson a passé la nuit du 29 au 30 septembre 1878 près du petit hameau de La Vernède. Il y rencontre un « frère de Plymouth » qui l’accueille et le restaure avec charité.
Je ne pense pas que cette communauté sans clergé, sans hiérarchie, proche des Derbistes ayant pour seul guide la Bible subsiste encore à La Vernède, par contre le temple est debout et bien entretenu ainsi que les terrasses et les châtaigneraies parfois envahies par les herbes et montrant des signes de fatigues laissés par les ans et la désertification de la Lozère.


Temple de La Vernède 


 

 

Le Château du Miral dresse sa tour restaurée au dessus d’un méandre du Tarn et à la jonction de la route de la « Runes ».
Cette fin juin 2009 les châtaigniers sont en fleurs.

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Mercredi 1 juillet 2009

Mercredi 17 juin 2009

Carte IGN 25 000 Mont Lozère Florac 2739 OT Parc National des Cévennes

 Sommet du Finèls 1699m. .Pont-de-Montvert 875m. Dénivelée négative 824m.

29 septembre 1878 pour Stevenson

Nous sommes là sur le sommet, après la description du même paysage que nous avons sous les yeux, il est temps de préparer la descente sur Pont-de-Montvert vers le pays des Camisards.

Je lis :

« Juste au faîte du mont où j’avais fait halte pour inspecter l’horizon devant moi, la série de bornes en pierre cessa brusquement et seulement un peu en dessous, une sorte de piste apparut qui dévalait en spirale une pente à se rompre le cou, tournant comme tire-bouchon. »


Notre descente ne fut pas plus vertigineuse mais l’esthétique des blocs de granite dans les champs vers le village de Finèls a été un régal pour l’œil. Stevenson les compare à des


«  éteules de roc comme un champ de blé moissonné et, vers la base, recouvertes d’un tapis de prés verdoyants. »


Le Gr 70 laisse la route pour nous faire visiter le hameau  de Rieumal  et descendre entre des murets de pierre sèche jusqu’au pont sur le Rieumal, parmi les gentianes jaunes, les petits ruisseaux et les champs.

Le pont sur le Tarn  , celui de Guillou sur le Rieumal et celui du Chambon sur le Valmalette séparent Pont-de-Monvert en quatre « Barri » ou quartiers. Barri du Pont-de-Montvert, Barri du milieu, Barri du Pont de Roumejon et Barri du Chambon, ont été le funeste théâtre des tragiques événements de juillet 1702 : la Guerre des
Camisards

Stevenson en relate fidèlement les épisodes  dont il compare la révolte  à celle des Covenantaires de son Ecosse natale.
Il trouve aussi les filles jolies , les gens intelligents, et ce soir nous ne verrons pas

"les immenses yeux grisâtres de Clarisse noyés de langueur amoureuse. Ses traits quoique un peu empâtés, étaient d'un dessin original et fin.
Ses lèvres avaient une courbe de dédain.Ses narines ..... Ses joues.... sa physionomie...si Clarisse savait lire l'anglais, je n'oserai ajouter que son corps ne valait point son visage. Question secondaire que cela!".



Nous coucherons au gîte communal qui se trouve en haut de la commune sur la route du Col. Pont-de-Montvert avec ses cafés sur le quai du Tarn possède la paix d’une bourgade du Midi à l’heure de la sieste, ses habitants chaleureux n’hésitent pas à lancer un bonjour accueillant d’un balcon ou d’un jardin. Un ancien au visage de sage taille les roses devant la belle façade de pierre de son antique demeure. La paix nous accompagnera pour un sommeil réparateur.

Gîte Communal
Mairie
48220 Pont-de-Montvert
Tél; : 04.66.45.80.10

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Avec le temps va tout s'en va

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Clichés II

Haïku

Sieste et soleil
Pour mes vieux os rompus.

Pour mon cœur : du miel




Les temps sont durs
Pour paysans et travailleurs
Gronde la révolte.

Les mains sont dures
Après le travail de la terre,

Tendre est la récolte .


L'odeur du sapin coupé
Eveille des envies de balades

Sous la neige.

L'herbe du chemin

Cache les cailloux, la boue

Salit les chaussures de ville.


Pas un murmure
Trace fugace sur la glace,

Discret, secret, pur.


Plein vent sur le col

Nul ne passe dans la brume

La pierre se dresse

 Juste un nuage

Dans le ciel bleu arctique

Vogue le voilier.
 

Le soleil d’hiver

Derrière la vitre du salon

A la douceur de ta joue.


Tic-tac, c’est la terre

Qui tourne dans mon horloge
Lente comme le temps.

Bête aux yeux rouges,
Le poêle souffle et ronronne,

Le petit chat se sauve.

 


Les mains sont dures

Fleur du mois

 

 

Fini la glace,

Duvets et poils nul besoin

Pour mon Edelweiss.

 

 



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